les Madeleines

Les Madeleines, ces grosses côtes dans les montagnes entre Rivière-la-Madeleine et Grande-Vallée en Gaspésie, sont derrière nous. Je les ai longtemps anticipées. Ces Madeleines, immobiles et pourtant tellement vivantes en moi depuis la conception du voyage. Ces Madeleines que je connais pour les avoir arpentées à vélo il y a plus de 20 ans. Ces Madeleines comme une étape à franchir, un tremplin pour la suite du périple. Car maintenant affrontées, le reste du paysage pourra se dérouler sous nos roues. Nous nous en sommes approchés furtivement, lentement, et au final, ce fut beaucoup moins souffrant que je ne l’avais imaginé. Et puis, pour Étienne, ce fut la première fois depuis le début du voyage qu’il a exprimé qu’il était fier de lui.

Ces derniers jours, les étapes ont été courtes. Le regard aimanté par l’immensité du bleu des flots et de l’azur. Le temps s’étirant entre le moment où notre journée à vélo s’achevait et celui où le sommeil nous étreignait. Nous campons plus souvent, les rencontres se font plus rares et les temps de latence, d’immobilisme, se répètent jour après jour. Davantage de temps pour être ensemble, créer des rituels complices, naviguer dans nos imaginaires respectifs. Et pourtant, malgré cette grande disponibilité, l’écriture se fait attendre. Maintenant que les Madeleines sont derrière nous, que la barrière est tombée et que les étapes s’allongeront à nouveau, j’ose espérer que l’élan suivra.